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January 02 AVEZ-VOUS VU LA LUNE ?LA LUNE EST ROUGE SANG
La Lune est rouge sang, j'y ai vu le Cornu December 05 Une réponse à SCRIBOUILLE suite à son dernier com sur le post "LE BON SENS"Bien chère Scribouille,
Je vis dans une région mal desservie par la SNCF, et à chaque élection, tous ceux qui prétendent à un mandat, de droite comme de gauche, proposent des solutions… qu’ils se gardent bien d’appliquer une fois élus… Que dois-tu comprendre de ce préambule ? Tout simplement que le post de mon blog intitulé « le bon sens » ne visait pas quelqu’un en particulier mais la classe politique en général. Evidemment comme Sarko est au pouvoir, tu as tout de suite et à raison appliqué mes propos à son cas, mais dis-toi bien que si Ségo était passée, mon post resterait de toutes façons d’actualité, la classe politique me dégoûte profondément, c’est ainsi, tu pourras toujours t’agiter, ce n’est pas à mon âge que je vais changer d’opinion. Maintenant je vais être un peu plus précis en ce qui te concerne car tes allégations appellent une réponse :
1°) Comme toutes les personnes qui se réclament de gauche, voter Sarko t’a donné mauvaise conscience, et je te comprends, te retrouver dans le même camp que l’extrême-droite qui a aussi voté comme toi, ça doit effectivement donner le frisson et d’épouvantables remords… T’étais mal hein ? Et tu as tenté d’urgence de te libérer de ce poids et de trouver de bonnes raisons pour te justifier. Mais hélas ma pauvre, le vote c’est comme le mariage, quand on a dit oui, on porte ensuite son choix comme une croix dans le dos pendant très très longtemps avant de pouvoir s’en débarasser. Mais t’inquiète pas trop quand même, le temps efface ce genre de blessure, et puis, le fait que tu en aies souffert et continues à en souffrir démontre une chose qui est tout à ton honneur et que j'apprécie particulièrement : il te reste une conscience…
2°) Fais attention quand tu parles à ne pas te tromper d’auditoire. Il y a sans doute des choses à mon propos que tu ignores, alors je crois qu’il est temps de te les révéler : - Je suis plus âgé que toi, je n’ai pas d’enfant et je travaille depuis plus longtemps que toi ; Pour être plus précis, il y a 30 ans révolus que je bosse, et durant ma carrière professionnelle, je n’ai eu aucune période de chômage ni aucun arrêt de travail à faire supporter à la Sécu. Tu m’entends Scribouille ? Aucun, rien, que dalle…. Je suis ce genre de crétin qui, par exemple, même affligé d’une maladie grave (un zona thoracique en l’occurrence) a continué à aller au boulot sans se plaindre. En découvrant mes états de service dont d’ailleurs je ne tire aucune fierté, de grâce, ne me réponds pas comme certains, « tant mieux pour toi ! » Ce n’est pas tant mieux pour moi, c’est tant mieux pour les autres. Tant mieux pour ceux à qui on peut payer diverses prestations et allocations grâce à mes cotisations et à celles que mon patron verse en mon nom, tant mieux pour ceux qui, grâce aux lourds impôts que je paie, bénéficient de crèches, de garderies, de centres aérés, d’écoles pour leurs enfants, bref, je pourrais allonger la liste, je préfère résumer en te répétant : tant mieux pour les autres. Note bien que je ne regrette pas de payer pour aider les autres, mais s’entendre dire à présent par toi ou qui que ce soit : « ne pense pas seulement à ton quotidien, pense aussi à autrui, et sois prêt à te serrer la ceinture davantage, notamment pour les générations à venir…. » , que veux-tu, ça me reste en travers….
Oui ça me reste en travers, parce que la « solidarité » est toujours dans le même sens, oui ça me reste en travers parce que ma famille a vieilli et moi aussi, et maintenant que mon paternel a besoin d’aide, c’est le grand désert pour lui comme pour nous, et maintenant que moi aussi j’ai la retraite en point de mire, on me dit qu’il faudra que je travaille plus longtemps (ben oui ya pas que les cheminots…) et par ailleurs avec le plan qu’on est en train de nous préparer pour la sécu, que restera-t-il de la protection sociale quand je servirai de hors d’œuvre, de plat de résistance et de dessert au crabe et/ou à une autre cochonnerie qui sommeillent en moi ?
Alors tu m’excuseras de penser qu’on s’est bien foutu de ma gueule…
3°) En ce qui concerne ton favori actuel, moi je reste sur la défensive, principalement parce que :
- faisant fi de la présomption d’innocence (le comble pour un ex-avocat…) il a déclaré publiquement coupable quelqu’un, et même s’il ne s’agit que d’un humble berger, ça c’est une honte ;
- les cheminots ont été traités de façon injuste et malhonnête. Tu sais Scribouille, il y a des mecs qui sont entrés à la SNCF il y a très longtemps, qui sont maintenant dans ma tranche d’âge, et à qui on a dit au début de leur carrière : « vous travaillerez en décalé, vous aurez des horaires bizarres, vous n’aurez pas vos WE comme tout le monde, etc etc, mais en contrepartie, vous aurez notamment la possibilité de partir en retraite plus tôt qu’un salarié du privé. » Il y en a sûrement parmi eux qui auraient fait autre chose de leur vie si on ne leur avait pas fait miroiter ce genre d’avantages qui se révèlent au bout du compte illusoires. En d’autres termes, leur consentement à devenir employés de la SNCF a été obtenu sur un mensonge. En droit, ça s’appelle un vice du consentement, et c’est passible des Tribunaux au même titre qu’un licenciement abusif, si tu vois ce que je veux dire…
Et ne me dis surtout pas que ton préféré n’y est pour rien, il n’était pas là lors de la conclusions des contrats c’est sûr, mais c’est quand même lui qui vient de les déchirer, non ?
- enfin, et je t’en ai déjà parlé, la véritable raison de son élection selon moi, celle dont on ne parle pas assez, c’est tout simplement parce que la France du « moi d’abord » et du « chacun pour soi » a pris le pas sur la France de la solidarité et de la justice sociale, avec en filigrane le racisme et la xénophobie, deux éléments qui, comme tu le sais, ne font pas partie de mes valeurs. Les Français, Scribouille, ne veulent plus payer pour les autres (contrairement à ce que tu espères) surtout si les autres en question sont d’origine noire ou arabe, et les Français ne veulent plus voir dans les banlieues, ce qui d’ailleurs peut se comprendre, de jeunes délinquants plus ou moins bronzés faire brûler la voiture d’occasion que le smicard a mis des mois à se payer… . Ecoute les gens parler dans les transports en commun, les cafés, les restos… tu verras c’est très édifiant. Ils ont cherché et trouvé un homme fort ou en tous cas qui paraît l’être pour résoudre le problème sécuritaire récurrent que connaît notre pays depuis longtemps déjà, et rien que pour ça, nos concitoyens sont prêts à prendre le risque du recul social et du despotisme…. - En conclusion (excuse-moi j’ai été un peu long) je te dirai que tout argument à son contre-pied. Tu dis qu’il est trop tôt pour juger les actes de ton favori, et c’est certainement vrai, mais au passage je te dirai qu’en l’état actuel d’absence de résultats, il est certainement tout aussi prématuré d’être fière de ton vote. Dans les années 30, beaucoup d’allemands étaient certainement aussi fiers que toi : ils avaient trouvé « l’homme providentiel »… Quelques années plus tard, la population équivalente à celle d’un pays comme la France disparaissait de la planète… A ne pas oublier et surtout à méditer….
Ton ami Paul.
November 25 LE BON SENS...D’UNE OREILLE A L’AUTRE…
Les saisons grises et moroses s’installent sur la France. Parallèlement, la majorité des français voit la vie en gris plutôt qu’en rose. Entre les saisons et cet état d’esprit, il y a une différence essentielle : le facteur temps. En effet, l’automne et l’hiver durent six mois, alors que le pessimisme ambiant s’installe à titre permanent. A qui la faute ? Ceux qui sont à la tête de ce pays utilisent les médias pour faire entrer ce message dans nos oreilles : c’est avant tout notre faute. En général, le Français n’a pas assez l’esprit d’entreprise, ne travaille pas suffisamment et (un comble !) a même la mauvaise idée d’utiliser la grève aux fins de préserver des avantages corporatistes… En d’autres termes, l’élite de ce pays nous dit : « Honte à toi vilain, tu ne veux pas travailler plus et plus longtemps pour gagner moins et tu n’es même pas capable d’être heureux et de t’en sortir avec en moyenne 1.500 € net par mois… »
Ah oui ? Faudrait quand même veiller à ne pas inverser les rôles et les choses… C’est plutôt à ceux qui subissent le système et ses prétendues « réformes » d’émettre un jugement sur ceux qui les gouvernent, et non pas le contraire. Mais justement comment juger de l’action d’un homme politique ? En se servant de ses oreilles par exemple pour écouter radios et télévision, en utilisant aussi ses yeux pour lire les journaux et également son nez pour sentir ou ressentir si la direction indiquée est la bonne…., et ainsi courir le risque de se faire piéger par le journalisme dit « d’opinion », l’arme absolue de ceux qui font partie des « milieux autorisés » comme dirait Coluche (bon sang Michel, que tu nous manques…) et s’autorisent donc (c’est leur métier) à « penser des trucs » qu’ils imposent ensuite à ceux qui les écoutent.
Mais dites-moi, et si l’on se décidait à procéder autrement ? Ce ne sont pas nos sens et particulièrement notre sens auditif qui comptent le plus, car entre nos deux oreilles il y a surtout le cerveau, vous savez ce gros amas spongieux qui permet à chacun de réfléchir par lui-même.
Alors essayons de nous en servir et de raisonner un peu :
Une classe dirigeante efficace, n’est-ce pas celle qui, par ses décisions judicieuses, améliore le quotidien de toute une population ? Or, depuis le printemps 2007, qu’en est-il de notre quotidien ? Suis-je le seul :
- A constater que faire le plein de son véhicule coûte en moyenne entre 13 et 15 € de plus en Novembre qu’en Mai ?
- A constater que les prix des produits de consommation courante ont augmenté à tel point qu’acheter un paquet de pâtes devient un luxe ?
- A avoir reçu un échéancier fiscal qui, tout impôts et taxes confondus, a augmenté considérablement alors que mon salaire est resté d’une stabilité affligeante ?
- A m’indigner que des personnes âgées aux maigres ressources, et qui ont souvent la TV comme seule compagnie, se voient infliger le paiement d’une taxe audiovisuelle de 116 € dont elles étaient jusqu’à présent exonérées ?
Bref, il est inutile d’allonger la liste. Le temps passe et déjà de nouvelles échéances électorales pointent le bout de leur nez. Pour ces élections comme pour celles qui suivront, posons-nous toujours la même question : le candidat qui se présente, comme d’habitude la gueule pleine de promesses, a-t-il ou va-t-il contribuer, ou non, au pourrissement continu de notre quotidien amorcé depuis de nombreux mois ?
Pour répondre à cette question le moment venu, rappelons-nous qu’entre nos deux oreilles, il y a un gros amas spongieux qui ne demande qu’à fonctionner pour nous indiquer le bon choix….
November 07 RETOUR A UN PEU DE POESIEHELLO DIS…
Hello dis-moi bonjour, dis-moi comment ça va Comment vont tes amours, tes amis et tes chats Hello dis-moi « jamais, je ne cesserai d’être Ton livre à cœur ouvert et ta femme de Lettres »
Mais ces mots vont trop loin, tu ne peux pas les dire Ton sourire et tes yeux seront des souvenirs Qu’avant de t’en aller un jour tu laisseras Et ton talent surtout s’en ira avec toi
Hello dis t’en va pas, demeure à mes côtés, J’en ai rêvé la nuit, tu me laissais tomber Je perdais l’ouvrage que j’aimais feuilleter Un vilain vent d’hiver l’avait fait s’envoler
Vers les cieux bleus pervers de la célébrité Remplis de faux soleils, de nuages dorés Que je contemple amer du bord de ma fenêtre Déplorant le départ de ma femme de Lettres
Hello dis-moi bonjour, dis-moi ce n’est qu’un rêve, Un cauchemar chassé par le jour qui se lève… Hello dis-moi bonjour, dis-moi comment ça va Comment vont tes amours, tes amis et tes chats… October 25 REPOS EN OVALIE...VOILA C’EST FINI POUR QUATRE ANS…
L’émotion et l’excitation sont retombées, la Coupe du Monde est finie, couronnant encore une fois une nation de l’hémisphère sud… J’ai attendu à dessein quelques jours avant de me lancer à écrire une dernière fois sur cet évènement qu’une médiatisation sans précédent a rendu planétaire. Outre le trophée tant désiré par les vingt nations en lice au départ, s’il fallait décerner des récompenses, j’en donnerais : - une à l’Argentine (hémisphère sud déjà !!) pour avoir battu deux fois (et de quelle manière lors du match pour la troisième place) le pays organisateur ; - une aux Iles Fidji (hémisphère sud toujours…) pour leur rugby magique qui leur a permis (excusez du peu) même avec une équipe réduite à 14 joueurs de marquer deux essais aux futurs champions du monde.
Par contre, s’il fallait distribuer des cartons jaunes, j’en donnerais : - un à la France (hémisphère nord) qu’un arbitrage discutable a propulsé en demi-finale, alors que le jeu pratiqué par les rugbymen français s’est révélé d’une stupéfiante stérilité bien mise en évidence par la lourde défaite essuyée lors de la « petite » finale contre l’Argentine ; - un (voire deux d’un coup !) à l’Angleterre (hémisphère Nord encore) qui, des quarts à la finale a joué 3 matches de suite, c’est-à-dire 3 fois 80 minutes, et n’a marqué qu’un seul essai, et encore consécutif à une grossière erreur d’un adversaire…(zut c’était contre la France !!).
Conclusion : - Oui, l’hémisphère sud a encore une longueur d’avance sur nous ; - Oui, le rugby anglais est efficace mais ennuyeux (restons polis my Lord) au possible ; - Non il n’est pas du tout certain que la France prenne sa revanche dans quatre ans puisque l’évènement aura lieu… en Nouvelle-Zélande, et les Blacks, qui ont tout le temps de laisser refroidir leur vengeance, vont nous attendre au tournant… - Oui il serait temps que la France retrouve ses esprits et un jeu créatif, forme et retrouve des trois-quarts centres (n°s 12 et 13) performants.
Il parait que Jacques Fourroux disait « no scrum, no win » (pas de mêlée qui avance pas de victoire ), il a sans doute raison, les Fidjiens l’ont constaté une nouvelle fois à leurs dépens, mais on peut ajouter également : quand on est en panne de centres, on finit dans le mur… Alors que le nouveau trio d’entraîneurs qui vient d’être nommé par la Fédération se mette au boulot, et vite…
Rendez-vous est pris en 2011… October 15 DU GRAND ECART (de finale) AU TRIOMPHE DU NON JEUUn bilan inquiétant
Les présumées huit meilleures équipes de rugby du monde se sont affrontées en quarts de finales, et quelques constatations s’imposent. En effet, on peut relever :
1 - la domination évidente de l’hémisphère sud qui place cinq de ses équipes sur le devant de la scène. Gageons que sans les bizarreries du « tirage au sort », il aurait même pu en placer une sixième, car les Iles Tonga (éliminées) ont montré un bien meilleur rugby que l’Ecosse (qualifiée) qui a chuté sans aucune gloire face à l’Argentine…
2 - les évidentes limites d’un rugby physique et rugueux uniquement fondé sur les kilos et la violence des impacts. Ainsi, les Iles Samoa (dont beaucoup de joueurs jouent en Angleterre, tiens donc…) sont éliminées malgré notamment un pilier à 135 kgs, un troisième ligne centre à 128, et un ailier ( !) à 118… Le ¾ centre Samoan Brian Lima, vieille gloire des coupes du monde précédentes, s’est même ridiculisé en infligeant un placage hyper-violent qui n’a assommé que lui-même et l’a contraint à sortir définitivement du terrain, les yeux hagards et l’air hébété, alors qu’il venait à peine d’entrer en jeu…
3 - l'éclatante beauté d’un rugby fondé sur l’intelligence, la lucidité, la rapidité et l’évitement, sans bien sûr oublier les principes de base comme par exemple la disparition de l’individualisme au profit de la collectivité et l’esprit de sacrifice. A ce propos grand merci aux Iles Fidji et à leur rugby enchanteur...
4 - la supériorité manifeste en termes d'efficacité et de résultats d'un rugby fondé sur la force physique et mentale, une défense de fer et sur un jeu au pied sans failles (ou presque).
Résultat des courses : au jeu dangereux mais ô combien excitant des pronostics, je pensais que Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du Sud et Argentine se retrouveraient dans le dernier carré. Mais les All Blacks sont passés à côté de la plaque (sur une erreur d'arbitrage il est vrai...) et les australiens aussi, leurs avants s'étant faits piétinés tout le match par une mêlée anglaise sacrément performante.
Les anglais d'ailleurs étonnent tout le monde en s'apprêtant à disputer la deuxième finale de Coupe du Monde de suite de leur histoire, au détriment de la France notamment. Les voir en finale me fait mal au foie et non pas seulement parce qu'ils ont battu le XV de France. L'Angleterre, c'est une équipe de colosses qui ne font que défendre (efficacement il est vrai) et qui marquent 95 % de leurs points sur des coups de pied puisqu'ils marquent un essai toutes les années bissextiles... bref, c'est le triomphe du non jeu, qu'importe la manière, seul le résultat compte...
Le plus triste, c'est que la France a bêtement cherché à copier ce style de (non) jeu que l'on retrouve aussi, hélas, dans certaines contrées de l'hémispère sud. Comme je l'écrivais déjà en 2001 (!!) dans l'ouvrage Voleur de Chance, la créativité du rugby français a été sacrifiée sur l'autel du muscle. A l'époque, en tirant ainsi la sonnette d'alarme, je faisais rire ou sourire... A présent, tous les "spécialistes" le clament haut et fort "nous avons joué contre-nature" "à l'anglaise (!!!)", "nous avons oublié de nous faire des passes" "les consignes (quel mot horrible !!) de jeu n'étaient pas les bonnes..." etc... etc...
Pour ma part, la rancoeur que j'ai ressentie à la fin du match contre l'Angleterre s'est muée très rapidement en une profonde tristesse tant il est vrai que le rugby français traverse une crise profonde que le match d'ouverture raté contre l'Argentine révélait déjà (et une fois de plus...) au grand jour. Présententement, je n'ai que deux souhaits : - qu'il ne soit pas donné de consignes pour jouer le match de classement à nouveau contre l'Argentine afin que nos rugbymen jouent enfin libérés et décrochent avec les honneurs la troisième place de cette Coupe du Monde ; - que le successeur de Bernard Laporte permette au XV de France de retrouver au plus vite sa vraie nature et son "french flair" doublé d'une "french touch" qui, par le passé, ont fait la réputation de nos rugbymen sur tous les terrains du monde.
A bon entendeur...
September 22 PETIT COM D'APRES MATCHIl y a quelques heures, j'avais donné deux raisons d'espérer... Si l'espoir fait vivre dans l'attente, c'est encore mieux quand il se réalise ! Les Irlandais ont continué à bredouiller alors que les Français se sont soudainement exprimés beaucoup plus clairement. En outre, bravo Jean-Baptiste, bravo Vincent, vous avez à vous deux marqué tous les points contre l'Irlande. Quant à toi Sébastien, tu as aussi fait un très bon match, le problème c'est que ton statut de nouveau colosse t'attire les faveurs de tous les colosses adverses. Et puis il n'est pas certain que le coach te fasse jouer à ta vraie place, enfin ça, c'est une autre histoire... Pour l'instant, faut récupérer un peu et surtout repartir au boulot le plus vite possible. Il y a encore beaucoup de travail pour gravir toutes les marches jusqu'à la plus haute. Prochains objectifs raisonnables : moins de déchets dans le jeu au pied de notre n°10, et plus de mordant et de perforation en attaque de nos numéros 12 et 13 qui se contentent pour l'instant d'être rigoureux en défense. On ne va quand même pas demander à Philippe Sella de rechausser les crampons !! Ensuite, il faudra régler le problème du n°8, mais en aurons-nous le temps ? Ca fait des années que personne ne s'est imposé à ce poste en équipe de France. Va-t-on enfin trouver la perle rare pendant cette coupe du monde ? C'est un peu tard mais qui sait... September 21 TIENS REVOILA FABIEN...Tiens revoilà Fabien, (ter) Après l’Argentin et puis le Namibien Et avant l’Irlandais (bis) La langue de bois est oubliée, est oubliée !! (air connu)
A quoi tient l’union sacrée derrière l’équipe de France ? Allez savoir… Toujours est-il qu’après le tango argentin ressenti comme un camouflet, et la ballade namibienne qui a enchanté les foules sans vraiment convaincre les observateurs attentifs, les langues, comme des fermetures éclair trop longtemps inutilisées, commencent à s’ouvrir en grinçant… La preuve, l’analyse de Fabien Galthié, ex-international capitaine du XV de France, et actuel entraîneur du Stade Français, dans le magazine Sport de cette semaine : « Les équipes de l’hémisphère sud, elles, marchent comme des avions parce qu’elles ont eu une préparation idéale. Pendant qu’elles tournaient déjà à plein régime au mois de juillet, à l’occasion du Tri-Nations (l’équivalent du Tournoi des Six Nations dans l’hémisphère Nord), les sélections européennes faisaient des stages en altitude. Le jour et la nuit.» Décoder cette explication de Fabien Galthié (par ailleurs frustré en tant que commentateur sportif France 2 de voir l’évènement être diffusé par TF1 qui ne connaît pas grand-chose au rugby sauf son côté financier) est lourd de conséquences… En fait, il nous prédit tout simplement des demies finales opposant au moins les trois nations majeures de l’hémisphère sud (Australie, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande) avec un possible rescapé de l’hémisphère nord, et ensuite une finale 100 % sudiste, une finale du Tri-Nations en quelque sorte. Pour ne pas plomber davantage l’ambiance, je ne répéterai pas ici le commentaire de Pierre Villepreux, ex-international lui aussi et ex-coach de l’équipe de France remplacé par… Bernard Laporte. Je n’accentuerai pas davantage le fait que si l’on croit que les Bleus ont connu la défaite parce qu’ils n’ont pas su gérer la pression d’un match d’ouverture, je ne vois pas comment il pourrait gérer celle d’un match qui, s’il est perdu, signifie tout simplement leur élimination de la compétition… Non, je donnerai tout simplement deux raisons d’espérer : - Jean-Baptiste est toujours au volant du camion bleu, Vincent c’est l’éclair de classe, et Sébastien, de plus en plus monstrueux, devrait mener la danse du paquet d’avants… Souhaitons seulement que son jeu généreux ne le conduise pas à la blessure… - Si depuis le début de la compétition, les Français bafouillent leur rugby, les Irlandais, eux, bredouillent le leur… Qui sait, peut-être ces deux formations nous offriront-elles le premier match nul de la compétition… A bientôt pour l’après match…
September 18 APRES MATCHbravo les Bleus et bravo l’arbitre !!
Des conquêtes sans bavures, des percussions digne de ce nom, des attaques « grand large », un attelage 9-10 lucide et jouant juste, et à l’arrivée un score fleuve… ne boudons pas notre plaisir, les Bleus habillés de blanc ont gagné avec en prime le point de bonus accordé quand on marque au moins quatre essais dans un match. C’est bien, très bien même…. mais pourtant j’écris bravo en minuscules, car l'arbitrage m'a désagréablement surpris : trois plaquages réputés « dangereux » en début de match, un par un Français qui n’a pas été « vu » (ah bon ?) et deux par les Namibiens sanctionnés bien sûr et le deuxième notamment par un carton rouge synonyme d’exclusion définitive alors qu’une exclusion temporaire était largement suffisante.
- Bravo monsieur l’arbitre d’avoir ainsi péché contre l’esprit du jeu ; en effet le rugby étant à la base un sport amateur (les 2/3 de l’équipe namibienne sont des joueurs qui s’entraînent avant ou après leurs heures de boulot…), il était aussi dur qu’injustifié d’obliger les namibiens à jouer à 14 contre 15 pendant plus d’une heure. Déjà à 15 contre 15 la partie s’annonçait difficile pour eux, alors imaginons ce qu’a du être le calvaire de cette équipe, venue avant tout pour se faire plaisir, et obligée de jouer ce match avec un avant de moins, et respectons et saluons son courage et l’essai que ces « amateurs » éclairés et fiers ont quand même trouvé le moyen de nous planter en fin de match.
- Bravo monsieur l’arbitre d’avoir faussé les données du match et d’avoir ainsi empêché la France de passer un véritable test révélateur qui aurait été d’une grande utilité pour la suite de la compétition.
- Bravo monsieur l’arbitre, grâce à vous, à la fin de ce match, le pauvre supporter que je suis n’a que trois certitudes sur quinze : Elissalde, Clerc et Chabal sont des titulaires indiscutables à leur poste respectif, pour le reste c’est encore le grand flou rugbystique et c’est vraiment inconfortable alors que s’approchent les pas redoutables de guerriers vêtus de vert et au fort accent irlandais vendredi prochain…. Ils ont un trèfle sur le cœur, souhaitons que ça porte chance… à l’équipe de France ! September 16 D'Art et d'Essai(s) ? AVANT MATCH...
Namibie, Namibie.... c'est où ce pays ? ... Ah oui, en Afrique Australe, en fait c'est un ancien territoire de l'Afrique du Sud qui a accédé à l'independance en 1990. Bien, bien... oublions tout artifice politique, toute frontière artificielle, et disons-nous donc que, sur le plan rugby, les joueurs Namibiens sont une émanation régionale des Springboks. En d'autres termes, ce soir, une équipe nationale de l'hémisphère nord va affronter une équipe "provinciale" de l'hémisphère Sud. Déjà, compliments à la Namibie, car finalement, toutes proportions gardées, c'est comme si la région Midi-Pyrénées accédait à la Coupe du Monde. Bref, que peut-on attendre d'un tel match ? La victoire des Bleus bien sûr, mais tous les supporters espèrent une victoire significative, pleine de panache, et démonstratrice d'un véritable art de jouer digne d'une équipe prétendante à la Coupe du Monde. Il y aura de l'engagement physique (les sudafs n'ont jamais eu peur des impacts...) ce qui permettra à l'équipe de France de montrer qu'elle ne mange pas de la fonte pour rien depuis trois mois dans son centre d'entrainement ultra-moderne de Marcoussis. On souhaite juste aussi de la part des Bleus un regain de créativité, de lucidité, et d'intelligence de jeu sans lesquels le rugby n'a aucune signification véritable. En effet, si c'est juste pour s'envoyer des tampons, autant entrer dans la fonction publique...
Il est d'ailleurs significatif que le coach de l'équipe de France ait confié les clefs du camion bleu pour ce match à un joueur de 1,72m et 73 kg....
Bravo Bernard, deviendrais-tu plus lucide toi aussi ?...
A plus tard pour l'après match... September 08 LES LENDEMAINS QUI DECHANTENT...(...) Le visage de Lynn s'était animé et dans ses yeux se mit à brûler une flamme en apparence inextinguible qui toucha Angel pourtant nanti d'une plaque de métal à la place du cœur. - Vous avez raison, approuva-t-il avec sincérité. Je sais que le rugby c'est quatre-vingt pour cent d'envie, et sans un mental à toute épreuve, l'envie disparaît et les mauvais résultats s'enchaînent... - Vous savez ? releva Lynn aussitôt. - Je suis né dans les Landes, à Mont-de-Marsan. J'ai appris à jouer au rugby en même temps qu'à marcher, dans un champ derrière la maison de ma grand-mère. J'ai vécu une très longue et belle histoire d'amour avec le ballon ovale avant de m'orienter vers le handball et les arts martiaux. - Qu'est-ce qui a motivé ce choix ?" demanda Lynn avec curiosité. Angel resta songeur une vingtaine de secondes avant de répondre. "Les shorts sexy d’une nouvelle venue qui enseignait le hand m'ont facilement détourné des jambes velues de mon entraîneur de rugby, avoua-t-il d'un ton confidentiel. Et puis les hasards de la vie m'ont éloigné des sports collectifs quels qu'ils soient. J'ai dû apprendre à me défendre dans d'autres domaines, mais ce que j'ai appris sur les terrains de rugby m'a toujours servi. Le rugby est pour moi l'école de la vie", conclut Angel en appuyant sur cette dernière phrase. Séduite par ce discours, Lynn baissa sa garde et regarda Angel autrement : "Que pensez-vous des tendances actuelles du rugby en France ? demanda-t-elle en commandant deux autres bières. - Je m’y intéresse beaucoup moins depuis que de prétendus surhommes venus de l'autre hémisphère ont commencé à dénaturer le rugby français en sacrifiant sa créativité naturelle sur l'autel du muscle." Lynn fit coulisser un regard surpris d'un bout à l'autre de la puissante carrure de son interlocuteur. "Venant d'un homme de dimensions hors normes, cette réflexion est pleine de saveur !" Angel hocha la tête : - 1,96 mètre de haut pour 122 kilos, et ... 145 centimètres de tour d'épaules, ajouta-t-il l'oeil malicieux. Je pesais déjà 95 kilos à seize ans... Sur le terrain, j'étais troisième ligne centre et je devais en tout premier lieu conquérir la balle... - Avant de la transmettre à des joueurs sans doute plus légers que vous, mais en tous cas plus rapides et naturellement chargés de trouver la faille dans la défense adverse en exploitant intelligemment un ballon gagné avec vos tripes, l'interrompit Lynn avec la ferveur de l'entraîneur passionné. - Nous parlons le même langage. - Mais nous sommes bien seuls, observa Lynn en baissant le nez vers son verre. Aujourd'hui, ce genre de propos ne suscite, hélas, que peu d'intérêt du côté des clubs qui, le plus souvent, alignent de part et d'autre quinze taurillons qui jouent à perce-muraille tête baissée, tout le long d'un match, le physique primant sur la lucidité et l'intelligence. - C'est une conception du jeu qui donne de bons résultats dans certains endroits de l'hémisphère sud, remarqua Angel. - Parce que beaucoup de joueurs de cette partie du monde ont une génétique exceptionnelle qui leur permet d'être physiquement aussi forts que vous par exemple, mais aussi deux fois plus rapides, répondit Lynn. Dans ce domaine, les joueurs européens, et notamment latins, ne leur ressemblent pas. - Bien sûr, répondit Angel, et voilà pourquoi ils doivent compenser ce handicap par davantage de créativité ; en résumé ne pas copier servilement une façon de jouer inadaptée à ses caractéristiques naturelles, mais plutôt développer son propre style de jeu en faisant fonctionner davantage ses neurones quand on a un peu moins d'hormones. Si vous arrivez, d'une part, à passer ce message, et, d'autre part, à de bons résultats avec le Stade Parisien, peut-être vous verra-t-on un jour aux commandes d’une équipe du top 16 voire de l’équipe de France. - Je n'en demande pas tant ! Mon objectif immédiat est le maintien de mon équipe en deuxième division", se défendit Lynn.(...) Extrait de Voleur de Chance Chap. IV "Aux frontières de l'Ovalie"
Après l'immense déception causée par la défaite du XV de FRANCE en match d'ouverture de la Coupe du Monde de Rugby, ces quelques pages du roman Voleur de Chance (écrit en l'an 2000 !!...) me sont immédiatement revenues à l'esprit.
Les joueurs français sont manifestement devenus des monstres physiques, capables de rivaliser avec n'importe quelle nation dans ce domaine. Mais à quel prix ? Le corps, même le plus fort et le plus musclé, n'est rien sans une tête bien faite pour le faire avancer dans le bon sens, et poser nu tous les muscles huilés dans un calendrier pour faire rêver les femmes (et peut-être les hommes aussi...) n'a jamais aidé à gagner un match et encore moins une Coupe du Monde. Pour toutes sortes de raisons que nombre de journalistes, qui ont affuté leur plume toute la nuit, sauront nous expliquer dans les pages de nos quotidiens, les français ont perdu un match qu'ils ne devaient pas perdre. Pour ma part, je n'en retiendrai qu'une tant elle sautait immédiatement aux yeux pendant les 80 minutes de ce match : il n'y avait pas sur la pelouse du Stade de France, hier entre 21 h et 23 h, un seul joueur vêtu de bleu capable de lever la tête, d'analyser la stratégie de l'adversaire et d'y apporter les bonnes réponses sur le plan tactique. Moralité : ce n'est pas le manque de testostérone qui a fait perdre le match aux joueurs français, mais plutôt l'assoupissement de leurs neurones....
A méditer si toute la France du Rugby veut s'éviter dans un avenir proche d'autres cruelles déconvenues.... September 07 devinette poétique (il faut juste trouver la dernière rime) 90 B
O toi libertine qui s'appelle Karine
Et qui n'a révélé que son tour de poitrine
Est-ce par naïveté ou par esprit coquin
Que tu te résumes à une paire de seins ?
Ne réduis surtout pas quand tes doigts te châtouillent
L'homme qui dort près de toi à une paire de ********
Avez-vous trouvé la rime ? Oui ? Bravo ! Alors à vous de continuer ce "poème"...
August 29 EXTRAIT DU ROMAN "VOLEUR DE CHANCE"CHAPITRE I
THEO LA DEVEINE
Balayé par le vent, le Pont d'Austerlitz exposait son bitume austère, mais pas vraiment lisse, aux caprices de l'hiver. Sentinelles puissantes et endurcies, troncs givrés hiératiques au métal bruni, dominant trottoirs et chaussée mouillés, les lampadaires fixaient un ciel de plomb sous leurs casques de fer. Grelottant au volant de sa camionnette cabossée, Théophraste Lebeuf surnommé "Théo la Déveine" par ses amis et "Théofrasques" par les services de police, sentait des perles de glace emprisonner les poils de son épaisse moustache noire. Le rétroviseur intérieur lui renvoyait l'image de son front dégarni, de ses sourcils broussailleux et des énormes poches gonflées en permanence sous ses yeux marron terne qui encadraient un gros nez d'ivrogne, couleur fraise ou bordeaux selon l'heure du jour. Venant de gare de Lyon par le boulevard Diderot puis le quai de la Râpée, Théo maudit une fois encore le chauffage récalcitrant de son véhicule ainsi que la pluie givrante qui collait à son pare-brise, et entreprit de traverser la Seine, à petite vitesse, au milieu d'un trafic automobile chargé, mais pas encore saturé. Hélas, un peu plus loin devant lui, le conducteur d'un 4 X 4 luxueux fit payer cash à un chauffeur de la RATP un changement de file audacieux en trouant d'un coup rageur de son imposant pare-buffle le flanc bombé d'un autobus débordant de travailleurs moroses. Cet accident, pourtant sans réelle gravité, suffit à rebaptiser en moins d'une minute un pont d'Austerlitz ruisselant de pluie en pont de Waterloo pour tous les automobilistes pris au piège comme des poissons dans une nasse. Théo La Déveine jeta un oeil vers sa montre bracelet qui indiquait 19 H 30. Désabusé, il admit à contrecœur son retard irrémédiable au rendez-vous fixé par un fournisseur de cigarettes volées qu'il n'osait surtout pas avertir de son téléphone portable, cet engin diabolique ami des flics et de la Justice puisqu’en se servant des preuves révélées par une maudite puce informatique, une chienne de juge l’avait déjà envoyé en prison pour douze mois... "Un rencard raté, c'est cinq mille euros de perdus", bougonna-t-il en grattant le gras de son ventre dont le principal repli s'étalait hardiment bien au-delà de la boucle de sa ceinture. Prenant son mal en patience, il observa les deux conducteurs impliqués dans l'accident se perdre en d'inutiles gesticulations et invectives heureusement écourtées par la pluie et le froid. Quand ils se décidèrent enfin à ranger leurs véhicules sur le côté, la circulation reprit progressivement son cours, mais Théo remarqua cependant qu'il était malencontreusement placé dans la file la plus lente. Du haut du siège de sa camionnette, il avait une vue plongeante sur la plupart des autres automobiles qui stagnaient quelques instants à côté de lui avant de le doubler très lentement. Cette position devint remarquablement avantageuse quand un coupé sport gris argent à la garde au sol particulièrement basse, le dépassa à la vitesse d'un escargot. La conductrice portait un chapeau dont s'évadaient gracieusement de longues boucles blondes qui s'alanguissaient sur ses épaules. Théo ne voyait pas son visage, et son regard s'attarda surtout sur ce qu'un manteau un peu trop ouvert sur une jupe un peu trop courte dévoilait en toute innocence. Il en oublia instantanément son chauffage en panne, son rendez-vous manqué et les inconvénients de la trop dense circulation parisienne, et souhaita, bien au contraire, à cet instant précis, un blocage définitif du trafic. L'inconnue, qui ne se sentait pas observée, secouait la tête et battait la mesure, ses doigts graciles tapotant l'intérieur de sa cuisse, et Théo, essayant de deviner quel genre de musique s'échappait de l’autoradio, s'évada un bref instant du climat hostile qui sévissait sur les bords de Seine et s'imagina sur les plages d'une mer tropicale, en danseur de lambada endiablée aux bras d'une belle autochtone. Il la vit tourner dans ses bras alors que sa jupette se soulevait avec complaisance, découvrant un string noir amoureux de deux fesses rondes et bronzées aux yeux de l'assistance et des autres danseurs qui, unis dans une même complicité malicieuse, s'efforçaient de danser tout aussi habilement avec leur partenaire afin d'en révéler élégamment les charmes callipyges. Bercé par son rêve exotique, Théo fermait les yeux, mais revint brutalement sur terre quand un coup d'avertisseur sonore agressif lui ordonna impérativement d'avancer. Sur sa gauche, le coupé sport avait disparu, lui laissant le souvenir d'une jolie paire de jambes et d'une érection fugitive. Après d'interminables minutes qui mirent un peu plus à mal la boîte de vitesses et l'embrayage de sa fourgonnette fatiguée, Théo se dégagea enfin du pont d'Austerlitz mais, au lieu de continuer par le boulevard de l’Hôpital vers le 13e arrondissement où son fournisseur chinois ne l'attendait plus, il s'engagea à droite sur les quais. Peu après la cathédrale de Notre-Dame, en tournant sur la gauche, il gagna la rue du Petit-Pont puis la rue Saint-Jacques, et se gara à proximité d'un café-tabac-loto où il venait souvent chercher un peu de chaleur humaine et de réconfort éthylique. Il en profitait pour regarder la télévision et discuter courses de chevaux en compagnie d'autres paumés qui, comme lui, noyaient les ratés de leur quotidien tout au fond de leur verre. Théo s'installa à sa table favorite, non loin du téléviseur et contre la vitre de façon à regarder facilement les images de l'écran et celles de la rue, et commanda en apéritif un double whisky. La première lampée de cet alcool fort alluma dans son gosier de buveur de vin un brasier que les gorgées suivantes éteignirent promptement. Théo commanda un deuxième verre, et sentit peu à peu un bien-être artificiel l'envahir complètement. Il était presque 20 h 50, et France 2 s'apprêtait à vendre du rêve sous forme de boules de loto à des millions de téléspectateurs pleins d'espoir. Théo, comme tous les mercredis et samedis, chercha machinalement son bulletin, le deuxième tirage promettant aux heureux gagnants une cagnotte de six millions d’euros minimum. Il se délecta de cette expression en la répétant plusieurs fois à voix basse, comme une invocation mystique à l'intention des dieux de la Chance. Les mots, notamment "millions" et "minimum", s'arrondissaient et roulaient agréablement sur sa langue, descendaient dans sa gorge et remontaient vers son cerveau où ils s'inscrivaient en lettres dorées et indélébiles. Suite au passage à l’euro, La Française des Jeux avait adopté une nouvelle présentation du Loto, mais Théo se souvenait du temps, pas si lointain, où la présentatrice, teint bronzé, sourire niais et décolleté plongeant, entamait à 20 h 50 son speech porteur d'espérances en rappelant les résultats du premier tirage. Elle commençait systématiquement sa phrase par les mots "il fallait jouer...", formulation profondément agaçante aux oreilles de Théo qui ronchonnait toujours avec amertume : "Il fallait jouer", "il fallait jouer"... Facile à dire après coup, espèce de petite dinde." Depuis le début de l’année 2001, le Loto avait changé de formule et de décor. La nouvelle présentatrice souriait toujours aussi bêtement, mais les deux tirages s’effectuaient à la même heure, entrecoupés d’un jeu téléphonique ennuyeux censé procurer des gains supplémentaires. Sous l'invisible contrôle d'un huissier de Justice, une voix off masculine égrena le chapelet des chiffres du premier tirage. Théo n’en avait pas joué un seul, et il se consola en finissant son whisky pendant qu’un heureux téléspectateur gagnait au téléphone un lecteur DVD et simulait une joie indicible. Cet interlude enfin terminé, les petites boules jaunes recommencèrent à valser, annonçant le deuxième tirage nanti d’une enviable super cagnotte, et la voix off se fit à nouveau entendre pour révéler la sentence chiffrée synonyme de six millions d’euros minimum. Théo, qui avait joué les deux premiers numéros, frappa aux portes du paradis de la richesse avant de plonger à nouveau dans les limbes de la pauvreté. Trois ans qu'il cochait deux fois par semaine toujours les mêmes chiffres sur une grille à seize francs puis à deux euros quarante, et le total de ses gains s'élevait à cinq euros et soixante centimes, généreuse récompense allouée par La Française des Jeux pour trois bons numéros sur sept, suite à deux mercredis exceptionnellement chanceux... Mâchant les reliefs d'une profonde déception, Théo commanda un plat du jour agrémenté d'un pichet d'un litre de vin "du patron", et il regarda machinalement au-dehors en vidant son verre quand il vit soudain un coupé sport gris argent surgir d'une rue adjacente et s'arrêter en double file. Ecrasant contre la paroi vitrée du café son nez qui hésitait entre le pourpre et l'indigo, Théo vit la porte côté conducteur s'ouvrir et libérer une puis deux jambes fuselées, un manteau et un chapeau d'où s'échappaient de belles boucles blondes qu'il reconnut sur le champ. Flairant la belle blonde en panne de blondes, Théo se leva rapidement, se planta devant l'endroit du comptoir réservé au tabac et aux jeux, et, pour se donner une contenance, demanda un ticket de Millionnaire au moment même où l'inconnue pénétra dans le bar et se posta juste derrière lui, cherchant des yeux sa marque habituelle de cigarettes américaines. Théo, qui l'observait du coin de l'oeil, apprécia à juste titre une jolie frimousse aux lèvres pulpeuses et aux yeux turquoise comme les mers du sud berçant des îles dorées peuplées de dizaines de danseuses de quelques fleurs seulement vêtues... En se trompant involontairement, la patronne fournit à Théo un moyen d'attirer l'attention. Il feignit la colère et l'apostropha vertement : "Voyons madame, achetez-vous des lunettes ! Ce n'est pas un Astro Capricorne que je veux, mais un Millionnaire, pour gagner beaucoup et partir là où le ciel est toujours bleu et les filles toujours belles, le plus loin possible de Paris et de son soleil toujours en grève ! - Excusez-moi", répondit la patronne confuse et en réparant instantanément son erreur. Théo prit son ticket en maugréant quand la voix de la jeune femme qui le suivait se fit entendre : "Je suis née sous le signe du Capricorne ; ne rangez pas cet Astro, madame s'il vous plaît ; je vous le prends avec un paquet de Marlboro lights." Les syllabes en "O" du mot Marlboro prononcées par de telles lèvres étaient particulièrement sensuelles et Théo eut subitement envie de recommencer à fumer. Peu désireux de s'éloigner, il se mit à gratter immédiatement son ticket alors que l'inconnue prit le temps d'allumer une cigarette avant de l'imiter. Théo vit qu'il avait perdu et déchira son Millionnaire en petits morceaux avant de les mettre dans un cendrier posé sur le comptoir. La jeune femme qui ne prêtait aucune attention à lui, gratta son Astro et son visage s'éclaira immédiatement d'un large sourire. Elle avait gagné trois mille euros et l’indiqua à la patronne alors que Théo finalement revenu à sa table, dégouttant de dépit, entreprit de finir son ragoût, puis y renonça, les tripes nouées par l’amertume. Le fond des yeux tapissé de billets de banque, Théo en tendant l'oreille, entendit les deux femmes converser gaiement : "Vos gains sont trop élevés pour que je puisse vous les verser. Il faut que vous vous rendiez à un centre de paiement de La Française des Jeux. C'est agréable que la chance sourit à une sympathique jeune fille comme vous, disait la patronne d'un ton maternel. Quel est donc votre prénom ? - Amélie. - Vous me rappelez ma fille qui est blonde comme vous, avec les mêmes tâches de rousseur sur les joues. Vous jouez souvent ? - Rarement, et en tous cas jamais à tous ces jeux de grattage ! Si vous ne vous étiez pas trompée avec un ticket de mon signe astral, et si le gros rougeaud qui était devant moi ne s'était pas comporté de façon aussi grossière et stupide, je n'aurais rien gagné ce soir", remarqua Amélie. Vert de rage, Théo faillit s'étrangler avec son vin rouge, et recracha sa dernière gorgée dans son verre. Obéissant à une impulsion subite, il se leva brusquement, et jeta l'argent de ses consommations sur la table alors qu’Amélie sortait du café et regagnait sa voiture. Elle venait à peine de tourner la clef de contact que la portière droite s'ouvrit sèchement. Théo se laissa lourdement tomber à côté d'elle et lui dit d'un ton menaçant : "Démarre rapidement, ne crie pas, ne résiste pas. Si tu poses l'ombre d'un problème, mon "ami fidèle" saura le résoudre très, très vite." "L'ami fidèle" de Théo était un large couteau de chasse de trente centimètres de long, inexpressif et persuasif à la fois. Amélie, effrayée mais lucide et blanche comme un linge, obéit sans discuter. Alors qu'ils remontaient la rue Saint Jacques, Théo appréciant la finition haut de gamme du véhicule, reprit la parole : - Jolie bagnole... Un vrai palace roulant... Ca me change de ma vieille camionnette ! C'est quoi, ta caisse ? - BMW Z3, répondit Amélie du bout des lèvres. - Ben voyons... Elle t’a coûté combien ? - Rien du tout. Mon ex-petit ami nous a inscrit d'office l'année dernière à un concours stupide... Je n'étais même pas au courant. Il n'a rien gagné, mais moi, sur un coup de chance, j'ai décroché le gros lot. - Ta chance s'est arrêtée aujourd'hui, lui répondit Théo d'une voix sinistre. C'est la mienne qui commence à partir de cet instant et, si j'ai bien compris, elle s'appelle Amélie. - Je n'ai pas l'intention de me laisser utiliser, répliqua Amélie mal à l'aise. - Tu n'as pas le choix ma chérie... Emmène-moi découvrir Paris by night en BMW. Montparnasse, Les Champs-Elysées, rue Saint-Denis, Montmartre, Pigalle..., ensuite le périphérique, tranquillement, juste pour le plaisir de me laisser conduire... Allez roule ma chérie, roule..."
(...)
Retrouvez Voleur de Chance sur www.e-r-l.net August 27 Sextine mon amie... LA FEMME AUX YEUX VERTS
J’ai croisé le chemin d’une femme aux yeux verts
Son regard océan disait : « viens avec moi, Des horizons de feu tu connaîtras l’émoi, Les sens éparpillés et le cœur à l’envers Par delà les sept mers tu verras des merveilles, Des presqu’îles nacrées, des éclatants soleils. » Mais que m’importent la nacre et les chauds soleils, Les mers illuminées et leurs fonds bleus ou verts ? Pourquoi courir la terre et compter ses merveilles Garder un coin de ciel juste pour elle et moi ? Car du décor toujours il restera l’envers Et les cris de douleur suscitent mon émoi. Pourrai-je négliger le malheur et l’émoi Qui brûle l’appauvri comme autant de soleils ? Le monde devient fou et il tourne à l’envers Le destin de l’humain se joue sur tapis verts, Une femme aux yeux clairs peut se soucier de moi Et me faire découvrir de l’Amour les merveilles, Nous avons tous le droit d’incruster de merveilles L’écrin de souvenirs que provoque l’émoi D’un Bonheur partagé, et voir ainsi que moi Comme Il peut éclairer de mille et un soleils Les vignes de la vie dont tous les raisins verts Tournent au rouge passion, à l’endroit, à l’envers. Mais se soucier des gens met la tête à l’envers, Ce sont de vils fêlons, et tenter des merveilles Pour jeunes insolents ou vieux cons toujours verts Etouffe bien souvent de l’altruisme l’émoi Tandis que meurt l’Amour cramé par les soleils Intolérants et lourds qui brillent autour de moi. C’est pourquoi si s’approche encor’une fois de moi Une femme dont l’œil met mon cœur à l’envers, Si elle veut m’emmener sous de nouveaux soleils Décacheter le monde et compter ses merveilles, M’envelopper d’Amour, partager son émoi Sur une île de rêve embrassée de flots verts, De l’émoi de son cœur, je ferai des merveilles, Au fond de ses yeux verts reflétant les soleils, A l’envers s’il le faut, et jaillissant de moi Se gravera l’Amour en tables de la Loi. August 26 Une nouvelle optimiste OPERATION CINEMA
Le ciel étirait l’immense toile de son écran géant sur un Paris affligé d’un climat indigne de Juillet. D’origine marocaine, grand, cheveux et yeux sombres, habillé d’un survêtement noir et de chaussures de sport de même couleur, Abderamane Ali Moktar sortit du métro Montparnasse, à l’angle de la Rue du départ et de la Rue d’Odessa, en dédaignant l’escalier mécanique. Ainsi tout vêtu de noir, Abderamane se plaisait à penser qu’il portait le deuil d’un occident plus que jamais impie, capitaliste et décadent. A quelques pas de la bouche de métro, il prit place dans une file d’attente choisie au hasard, en s’efforçant de conserver un air calme et détaché. Voilà maintenant plusieurs semaines qu’il répétait un rôle d’exécutant dans une tragédie dont le nom de code « Opération Cinéma » devait révéler sa pleine signification le lendemain même. A moins que… Ils étaient plusieurs comme lui, disséminés dans Paris, prêts à écrire un nouvel épisode de la guerre sainte en frappant un grand coup qui résonnerait, comme à l’accoutumée grâce aux médias, jusqu’aux confins de la planète ! Abderamane Ali, le guerrier d’Allah, se remémora une fois de plus la mise en scène du Mercredi 7 Juillet telle qu’imaginée par d’impitoyables scénaristes : entre 19 et 20 heures, comme d’autres combattants de la liberté dont il ne connaissait ni le nombre exact ni l’identité, il se mêlerait à la file d’attente du dernier film de Steven Spielberg « la guerre des mondes ». Adapté d’un best-seller, réalisé, joué par des noms prestigieux, et soutenu par une énorme campagne publicitaire, le succès de ce film grand public semblait garanti. Et puis son titre plaisait beaucoup à Abderamane Ali ; il évoquait bien la guerre de son monde, de droit divin, juste et digne d’être pérennisé, contre l’autre, satanique, corrupteur, et voué à disparaître. Il était temps que les soldats de Dieu passent à l’action, et Ali se sentait en forme olympique. Demain, son sac à dos noir ne serait pas rempli de papier journal mais d’un engin explosif de forte puissance, rempli de clous et de boulons pour marquer les chairs et les esprits de façon indélébile… Les couleurs noire et rouge du châtiment divin allait enfin envelopper la capitale de la France. A moins que… Après New-York et ses tours tombeaux jumeaux, après Moscou et son métro mortel, après Madrid et ses trains du trépas, il y aurait Paris et ses cinés cercueils. A moins que… « As-salam alaïkoum » dit soudain une voix infantile. « Wa-alaïkoum as-salam » répondit machinalement Abderamane Ali qui sortit de sa funeste rêverie et regarda avec surprise l’enfant debout devant lui. C’était une ravissante petite fille blonde aux yeux bleu clair, toute de rose vêtue. Elle attendait avec ses parents la séance d’un film pour la jeunesse intitulé « Madagascar ». « Tu parles arabe ? » s’étonna Abderamane. « Je reviens du Maroc. Le responsable du mini-club de l’hôtel, mon copain Abdelatif, grand et beau comme toi, nous a appris quelques mots, expliqua l’enfant. Tu es marocain ? Tu t’appelles comment ? - Je suis tunisien et je m’appelle Akim, mentit Abderamane. - Moi c’est Justine … - Justine, intervint son père, cesse tout de suite d’ennuyer ce monsieur qui va au cinéma pour se détendre et non pas pour supporter un bavardage fatigant ! Excusez-la, s’il vous plait. - Elle ne me fatigue pas, répliqua Abderamane, avec sincérité cette fois. - Ah, tu vois papa ! triompha Justine. - Oui, mais attention monsieur, intervint la mère, si vous lui donnez la réplique, vous n’êtes pas sorti de l’auberge ! Et méfiez-vous car depuis notre voyage à Agadir, elle cherche à se marier avec un prince charmant arabe, marocain de préférence ! - Et alors ? acquiesça Justine, nullement gênée. Les marocains sont beaux et gentils, et Akim est comme eux. N’est-ce pas Akim que tu es gentil et que tu m’aimes un peu déjà ? insista Justine. A ce moment précis, un SDF qui, guitare à la main, faisait la manche près des files d’attente, entama une chanson d’Alain Souchon : « Abderamane, Martin, David, Et si le ciel était vide… » « En plus, grand et fort comme tu es, tu peux me protéger de tous ceux qui voudraient me faire du mal » ajouta Justine, en lâchant la main de son père pour s’emparer de celle d’Abderamane. Surpris d’entendre son vrai prénom dans une chanson française, et déstabilisé par les questions et l’attitude de la fillette, le farouche guerrier s’entendit répondre « oui, bien sûr » d’une voix timide. « Tant d’Angelus, ding, qui résonnent Et si en plus, il n’y a personne !… » braillait l’apprenti chanteur. « Tu vas t’asseoir à côté de nous dans la salle ? » demanda Justine. La sonnerie annonçant l’arrivée d’un sms sur son téléphone mobile offrit à Abderamane une diversion inespérée. « Mission cancelled. London got the games » Mais la voix pleine d’espoir de Justine, ses yeux d’enfant amoureux, le sourire gêné mais amical de ses parents, et les paroles signées Alain Souchon étaient entrés en vrille dans le cerveau d’Abderamane Ali Moktar qui s’excusa et sortit de la file d’attente. « Paris s’en sort bien, pensa-t-il, bouleversé, mais son tour viendrait plus tard. A moins que… » (Loiret/Juillet 2005) August 22 La nouvelle du jour
L’AMANT DE PIERRE
« Tu es Pierre, mais sur la pierre de ton cœur je ne bâtirai jamais rien ! »
Inspiré d’une parole biblique, ce jugement lapidaire était sans appel. Pierre resta de marbre. Cathya était très déçue, mais il n’en avait cure. Voilà trois mois déjà que le bateau de leur amour tanguait dangereusement, au rythme des vagues de leurs querelles à répétition. Cette fois, il coulait à pic, comme un caillou dans l’eau.
« Je te rappelle, cracha Cathya, que nous devions partir demain soir en week-end aux Deux Silex, un petit village tranquille, idéal pour nous reconstruire, Pierre, ce sont tes propres mots… - prononcés à un moment où je croyais encore en toi, répondit Pierre ».
Le ton, sec et blessant, témoignait d’une irréparable cassure.
« Et bien j’irai seule. Quant à toi, tu auras deux jours pour faire tes valises. C’était vraiment une erreur de ma part de t’accepter sous mon toit. »
Ce constat d’échec achevé, Cathya dégagea brutalement son mètre quatre-vingts de la table, attrapa son manteau d’un geste rageur et sortit du restaurant en agitant nerveusement sa longue chevelure brune.
Le lendemain, vers 18 heures, Cathya s’installa au volant de son automobile, un unique bagage posé à côté d’elle. « Mieux vaut la compagnie d’un bon vieux sac en vrai cuir que celle d’un faux dur à cuire qui vous met le cœur à sac » pensa-t-elle en mettant le moteur en marche.
Cette dernière pierre lancée dans le jardin de son ex-amant, Cathya prit la route en direction des Deux Silex, ce tout petit village perdu au bout de nulle part et dont Pierre lui avait vanté à plusieurs reprises la quiétude absolue.
« Tu verras, lui disait-il, les Deux Silex en Novembre c’est juste une église, quelques maisons et un cimetière, sous des nuages gris et lourds qui atténuent en continu la lueur du jour, avant de se disperser en soirée sous l’effet d’un vent dont le souffle violent te renvoie en rafales l’écho de ta propre voix.
- Tu y es déjà allé ? avait demandé Cathya d’un ton surpris.
- Non, je laisse simplement s’exprimer mon imagination. Ni télévision, ni téléphone mobile, ni radio, juste toi et moi et le feu de notre amour qui, dans un tel endroit, ne peut que renaître ou au contraire complètement disparaître… »
La voiture s’engagea vivement sur un chemin aussi désert et désolé que le cœur de sa conductrice. La pluie s’était mise à tomber, rendant le décor encore moins visible. Arrivée à une intersection, Cathya prit de justesse la bonne direction, et gagna les Deux Silex vers 20 heures 30.
« La clef de la location nous attend au seul café du village, situé à côté de l’église, comme souvent, nous ne pouvons pas le rater » avait déclaré Pierre, toujours très sûr de lui.
Cathya arrêta son véhicule devant un établissement aux vitres glauques et peu accueillantes. L’enseigne « Au Chat Malicieux » clignotait faiblement dans la nuit qui, au fil des minutes, s’épaississait toujours un peu plus.
Cathya sortit de sa voiture, poussa la porte d’entrée et, mal à l’aise, s’immobilisa immédiatement. A quelques mètres d’elle, un homme de très petite taille, borgne et aux cheveux totalement blancs, la fixait de son œil unique. Son visage aux traits grossiers n’exprimait aucune sympathie, et quand il ouvrit la bouche, laissant entrevoir quelques dents jaunes et ébréchées, la voix fusa puis éclata à la figure de la jeune femme comme de la vaisselle brisée.
« Qu’est-ce que vous voulez à une heure pareille ? » demanda le borgne avec brutalité.
Un instant surprise et atone, Cathya retrouva rapidement ses esprits.
« L’heure n’est pas si tardive, surtout quand on tient un commerce, répondit-elle sèchement. Je viens chercher la clef de la maison louée au nom de Pierre Cairn et désire également savoir où se trouve-t-elle exactement. Est-ce trop vous demander ? C’est vrai qu’il est quand même huit heures et demie du soir », ajouta-t-elle avec un brin d’ironie.
Le borgne ouvrit un tiroir sous la caisse enregistreuse de son bar et jeta une grosse clef dorée sur le comptoir.
« Vous êtes venue en famille ? demanda-t-il ?.
- Non, je suis seule, ça vous pose un problème ?
- Le problème, c’est vous qui l’aurez, répondit énigmatiquement le borgne. Quant à votre location, elle est facile à trouver. Vous devez aller tout droit jusqu’à une croix granitique plantée au bord de la voie vicinale et qui nous rappelle que nous bénéficions de la protection et de l’amour de Dieu, puis à droite juste derrière cette croix, continuez votre route pendant cinq cents mètres. Au milieu d’un parc, la maison vous attend. Partez maintenant et ne vous attardez pas en chemin.
- Je ne crois ni en Dieu ni en Diable, je n’ai peur de rien et ne suis plus une petite fille, grogna Cathya, agacée, en s’emparant de la clef. Je suis venue ici me détendre pour deux jours, et j’ai quand même le droit de musarder si l’envie m’en prend.
- Je ne vous le conseille pas, répliqua le borgne. En ce moment, même les femmes accompagnées ne sont pas en sécurité, alors vous pensez, une femme esseulée... Nous sommes le 3 Novembre, et comme on le dit chez nous, «femme qui erre à la Saint Hubert se perdra dans les bras du démon de pierre ». Ce dicton s’applique d’autant plus aux femmes solitaires…
Cathya haussa les épaules et leva ses yeux gris clair au ciel. « Je ne comprends rien à ce que vous dites. Je vous rendrai la clef lundi matin en vous soldant le prix de la location » répondit-elle, désirant mettre fin au dialogue.
« C’est cela oui… Hâtez-vous de sortir, moi je dois fermer et verrouiller toutes les issues pour protéger ma femme et ma fille. Faites de même une fois arrivée et surtout ne négligez pas d’allumer un beau feu dans la cheminée, et ne le laissez pas s’éteindre. A lundi, peut-être… » ajouta le borgne en accentuant à dessein ses dernières paroles.
Cathya quitta l’établissement sans se retourner, et remonta dans son véhicule. « Si les autres membres de la famille sont à l’image de ce petit homme vilain et désagréable, elles n’ont rien à craindre à moins que le démon de pierre n’ait pas très bon goût » plaisanta-t-elle intérieurement.
Les indications du borgne étaient claires et précises. Cathya trouva sans perdre de temps la maison qu’elle occuperait pendant tout le week-end. La pluie avait cessé et à l’aide de la clarté lunaire, elle put apprécier l’ensemble de la bâtisse construite sur deux niveaux en pierres apparentes. Une énorme cheminée trônait sur le toit en tuiles rondes, mais les fenêtres étaient petites et la porte étroite et peu accueillante. Elle s’ouvrit cependant sans difficulté sur un hall d’entrée carré dont Cathya devina dans la pénombre les dimensions imposantes. Après quelques inévitables tâtonnements, la lumière inonda les lieux et la jeune femme visita la demeure en promenant un index curieux sur les murs qui, sans exception, étaient enduits d’un revêtement imitant la pierre. La maison était divisée en deux très grands espaces principaux : le rez-de-chaussée tenait lieu à la fois de cuisine, de salle à manger et de salon alors qu’au premier étage se situaient la salle de bains et également une vaste chambre à coucher, haute de plafond et dont l’un des murs était occupé par une imposante cheminée ornée à sa base de trois rangées de briquettes rouges disposées en quinconce.
Au-dessus du lit était cloué un tableau représentant une femme qui semblait égarée dans un parc et effrayée par une silhouette menaçante. En bas de l’œuvre d’art, sur la gauche, figurait l’inscription suivante « Légion est son nom car nombreux ils sont… Crie ce nom et le charme se rompt. » Cathya sourit en pensant à toutes les étranges et énigmatiques croyances qui hantent les campagnes depuis la nuit des temps. Elle qui n’était pas superstitieuse prit au contraire un malin plaisir à ne pas occulter les fenêtres et sortit, après un dîner sur le pouce, dans la fraîcheur du soir. Pas un nuage ne masquait la clarté lunaire, mais un petit vent frisquet, annonciateur de l’hiver, l’accueillit avec malice alors qu’elle s’éloignait de la maison, son pas foulant avec légèreté la terre souple et humide. Cette promenade l’amena au bout du parc que cernait une forêt de chênes moussus. A la lisière de ce bois, se dressait une statue en marbre comme pour en borner la limite.
Cathya qui n’avait aucune intention de s’enfoncer au milieu des arbres en pleine nuit, s’arrêta devant la sculpture et l’examina avec attention. Debout sur un socle d’environ soixante-dix centimètres de haut, un homme presque nu et aux muscles admirablement dessinés regardait droit devant lui, la main gauche sur sa hanche, et l’autre main serrant un bâton orné en son extrémité par une tête de serpent. Le bout d’étoffe qui lui ceignait les reins semblait prêt à tomber au bas de ses jambes dont les quadriceps bombés soulignaient la puissance. En bas du socle était gravée une curieuse citation des évangiles que Cathya lut à haute voix :
« Quel est ton nom ? - Légion, Seigneur, car nous sommes nombreux. » (Evangile selon Saint Marc chapitre 5, verset 9).
Cathya releva les yeux et se sentit tout à coup très mal à l’aise. Il lui sembla que le visage de la statue s’était légèrement incliné vers elle, mais c’était probablement une erreur. Les déclarations du borgne lui revinrent en mémoire et s’ajoutèrent aux inscriptions qui signaient deux œuvres d’art dont son cerveau athée admettait difficilement le côté sulfureux. La nuit lui parut soudain plus hostile alors que le vent forcissait et criait d’une voix déchirée parmi les branches des chênes. Cathya retourna vers la maison, mais après avoir parcouru quelques mètres, elle jeta un bref regard par-dessus son épaule et s’immobilisa, stupéfaite, puis revint sur ses pas. L’homme de marbre avait disparu en abandonnant son pagne qui gisait sur le sol mouillé. Discernant un bruissement reptilien non loin de ses pieds et des craquements sinistres qui parcoururent la forêt toute proche, Cathya sentit la peur l’envelopper d’un manteau lourd et glacé. Elle qui n’était pourtant pas d’une nature craintive prit les jambes à son cou. Elle glissa à plusieurs reprises et même tomba à proximité de la maison mais se releva sans peine, les genoux souillés et les mains abîmées par quelques écorchures. La jeune femme regarda autour d’elle et sentit une invisible présence qui, malgré la température plutôt basse d’un début novembre, la fit transpirer d’effroi. L’ombre qui semblait s’approcher d’elle la précipita dans une peur panique. Sans réfléchir, elle repartit dans le parc en une nouvelle course folle, en spirale, qui la ramena peu à peu vers son point de départ. A bout de souffle, elle finit par s’arrêter et osa se retourner. Nul être maléfique ne la suivait, sur le sol de multiples empreintes se confondaient les unes aux autres, mais c’était sûrement les traces de ses propres pas.
« Pas question de rester dans cet endroit une minute de plus, se dit Cathya. Mes clefs de voiture sont dans ma poche. Je n’entre même pas dans la maison, je reviendrai demain en plein jour pour récupérer mon sac de voyage. »
Elle s’installa dans son automobile, démarra mais parcourut seulement une centaine de mètres. Sans raison apparente, le moteur toussa soudainement puis cala sans vouloir repartir malgré les efforts désespérés de l’infortunée conductrice. Pire, sans qu’elle comprit comment ni pourquoi, la voiture se mit à reculer sous l’effet d’une force invisible. Cathya eut beau enclencher une vitesse, le véhicule ne stoppa sa course que devant la maison, à l’endroit même où elle se trouvait quelques minutes auparavant.
« Mais où est-il, où est-il donc ? Et que me veut-il ? Pourquoi ne se montre-t-il pas ? » se demandait la jeune femme rongée par l’angoisse. Convaincue toutefois que l’habitacle de son automobile n’offrait qu’une protection illusoire, Cathya en descendit précipitamment et franchit en courant les derniers mètres qui la séparaient de la maison que ce crétin de Pierre n’aurait jamais dû louer pour le week-end. Le cœur battant la chamade et les mains moites, elle ouvrit fébrilement la porte d’entrée qu’elle claqua derrière elle avec soulagement.
Les propos du borgne revinrent en cascades dans son esprit tourmenté. Aussi entreprit-elle de verrouiller la porte et d’occulter toutes les fenêtres de la maison. Elle commença par la pièce du bas puis monta dans la chambre. Les volets étaient en bois massif et, au fur et à mesure qu’elle les fermait, Cathya retrouvait davantage de sérénité. Un peu plus rassurée, elle voulut s’asseoir quelques minutes dans un canapé mais se rendit compte qu’elle avait oublié la fenêtre du hall d’entrée. Elle s’en approcha et allait l’ouvrir quand elle vit soudain, au travers du carreau, une face d’une blancheur marbrée qui la contemplait fixement. Cathya poussa un cri strident et ferma les yeux. « Ce n’est pas possible, pensa-t-elle, c’est une hallucination, je vais attendre un peu, tout rentrera dans l’ordre et je n’aurai plus rien à craindre. » Plusieurs secondes s’écoulèrent, et quand elle osa à nouveau ouvrir ses yeux, le visage, en effet, avait disparu.
La fenêtre de l’entrée était ronde et de petite taille. Cathya l’ouvrit avec circonspection et passa son bras dehors pour rabattre le volet. Mais elle ne put terminer son geste car une invisible poigne lui saisit la main fermement, mais sans provoquer une réelle douleur. Pour la deuxième fois de la soirée, Cathya poussa un cri de frayeur, puis essaya vainement de libérer son bras pris au piège.
« C’est inutile, ce démon ne me lâchera pas, se dit-elle, admettant ainsi pour la première fois de sa vie l’existence d’un être spirituel. Il va sans doute me broyer les os, je vais souffrir le martyre ! »
Mais contrairement à ce qu’elle prévoyait , l’étreinte se fit plus douce. Elle sentit même sur ses doigts un contact étrange, comme si des lèvres glacées y posaient un baiser qui se voulait tendre et respectueux. Cathya en profita pour tirer sèchement sur son bras et échapper complètement à son supposé agresseur. La chance vint également à son aide car un coup de vent brutal ramena le volet vers elle et lui permit de le fermer facilement. Elle n’eut cependant pas le temps de s’en réjouir, car des bruits sourds résonnèrent contre la porte, et elle vit distinctement la poignée bouger à plusieurs reprises. Ensuite ce furent les volets du rez-de-chaussée qui furent ébranlés, chacun leur tour.
Cathya respira profondément trois fois de suite, cherchant à reprendre le contrôle d’elle-même et à réfléchir posément. Elle n’entendait plus rien et aurait pu croire que son inquiétant visiteur avait renoncé à tout funeste projet à son encontre. Il était 23 heures passées et la Saint-Hubert touchait à sa fin dans moins de soixante minutes. Cathya laissa les lumières allumées dans toutes les pièces et partit au premier étage se réfugier tout au fond du lit, sans même prendre le temps de se déshabiller et en regrettant amèrement d’être venue s’enterrer au Deux Silex pour le week-end.
Les yeux rivés sur sa montre, elle écoutait le temps passer, attentive au moindre bruit qui pouvait paraître suspect. Justement, vers 23 heures 30, la cheminée sembla s’animer d’elle-même et Cathya réalisa l’erreur qu’elle avait commise : contrairement aux recommandations du borgne, elle n’avait allumé aucun feu.
D’abord discret, puis de plus en plus distinct et résonnant dans le conduit, Cathya entendit comme un frottement qui allait en s’amplifiant et se déplaçait du haut vers le bas. Elle voulut sortir de son lit et s’enfuir le plus loin possible, mais n’en eut pas la force. Au milieu de la suie tombant dans l’âtre, et entouré d’un nuage noirâtre, l’homme de pierre surgit devant Cathya, statufiée.
Seulement vêtu de nombreuses traces de suie qui zébraient son corps blanchâtre, et sans rien cacher de sa virilité pétrifiée, il se déplaça dans la pièce d’un pas puissant et léger à la fois, ses yeux vides posés sur la jeune femme que la peur rendait muette. Arrivé au bord du lit, il tomba à genoux et tendit la main vers elle, la paume tournée vers le haut. Cathya reprit difficilement le contrôle d’elle-même. Le visage de son étrange visiteur exprimait bien plus de souffrance que d’hostilité mais quand la main de marbre se dirigea vers son visage, elle se mit à prier un Dieu en qui elle ne croyait guère et ses yeux dirigés vers le ciel s’attardèrent sur le cadre placé au-dessus du lit. Brusquement, l’invocation protectrice qu’elle y avait lu quelques heures auparavant éclata dans sa mémoire. Les larmes qui s’échappèrent soudain des yeux sans vie de l’homme de pierre et ses lèvres qui s’arrondirent comme pour dire « je veux t’aimer » ne la dissuadèrent pas de hurler le mot « LEGION » de toute la force de son être, et ce hurlement fit trembler les murs, le plafond, et clignoter les lumières de la chambre…
* * * Cathya s’éveilla en sursaut dans son appartement cossu du 16ème arrondissement parisien qu’elle occupait depuis cinq ans avec Pierre. Elle sortait d’un rêve étrange et dérangeant et était en sueur des pieds à la tête. Elle chercha sous les draps le bas-ventre de son compagnon qui lui tournait le dos en ronflant ; comme à l’accoutumée, le sexe de Pierre était flasque et tiède…
Assise dans son lit, Cathya ôta avec amertume sa nuisette mouillée et s’adossa contre son oreiller. Avait-elle eu raison d’échapper à l’amant de pierre ?…
August 16 SOUVENIR DE VOYAGE (II) U LACU - l'ultimù paradisù -
C'est un endroit caché où le temps médusé s'arrête, Tandis qu'un ciel paré de nuages crémeux reflète Dans l'eau figée d'un lac l'éclat de ses couleurs parfaites Mariant le vert au bleu comme un peintre inspiré qui jette Ses élans passionnés ainsi que tous ses voeux d'esthète En un génial tableau étoilant de bonheur les têtes, Souvenir permanent nappant les rêveries secrètes De pozzines tressant une souple et jolie moquette Foulée par des chevaux et par quelques amis des bêtes... De Liberté épris, l'Homme à la Poésie se prête Le silence envoûtant du Dernier Paradis cachette Un endroit haut perché où le temps médusé s'arrête. SOUVENIR DE VOYAGE AU SEIN DE LA MONTAGNE
L'âme errante éreintée par d'hostiles sentiers Paie au comptant le prix de ses plus noirs péchés Quand soudain tout en haut de la montagne corse Elle voit, ébahie, la nudité d'un torse Reflétant du divin l'éclatante lumière... Et le pécheur se dit qu'à présent ses prières Plus jamais n'oubliera, mais dans sa pieuse ardeur Invoquera les saints plutôt que le Seigneur ! L'AMOUR A L'HOTEL (sonnet torride) L'éclairage discret sur le mur qui fut blanc, Mon corps ankylosé englué de sommeil, Je détourne mon dos frémissant et attend Du haut et jusqu'en bas la douceur du réveil. Alors que sur ma peau lentement se dessinent Les contours irisés de ludiques caresses Matinales expressions d'humidité mutine, Je sens sur mes deux flancs ainsi que sur mes fesses Le baiser lisse et froid d'une toile cirée, Vieille de cinquante ans et de fleurs décorée, Qui ne me quitte pas, collant comme une mouche... Pendant que je me frotte elle se frotte aussi Pas moyen d'éviter dans cet hôtel pourri Le sensuel amour du rideau de la douche... July 20 Petit texte optimiste ET SI...
Et si l'on refaisait de la terre un jardin
Sans visages d'humains maquillés de souffrance,
Interdit au malheur, au deuil et au chagrin
Maux haineux annonçant de la mort le silence.
Unis par le désir de se tenir la main
Un peuple qui a su éclater les frontières,
Mots d'amour plein les yeux, suit le même chemin.
Au soleil de la paix, on a tué la guerre
Nul ne saurait rêver d'un avenir plus clair
Il ne reste qu'à faire un jardin de la terre. |
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