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    December 05

    Une réponse à SCRIBOUILLE suite à son dernier com sur le post "LE BON SENS"

    Bien chère Scribouille,

     

    Je vis dans une région mal desservie par la SNCF, et à chaque élection, tous ceux qui prétendent à un mandat, de droite comme de gauche, proposent des solutions… qu’ils se gardent bien d’appliquer une fois élus…

    Que dois-tu comprendre de ce préambule ? Tout simplement que le post de mon blog intitulé « le bon sens » ne visait pas quelqu’un en particulier mais la classe politique en général. Evidemment comme Sarko est au pouvoir, tu as tout de suite et à raison appliqué mes propos à son cas, mais dis-toi bien que si Ségo était passée, mon post resterait de toutes façons d’actualité, la classe politique me dégoûte profondément, c’est ainsi, tu pourras toujours t’agiter, ce n’est pas à mon âge que je vais changer d’opinion.

    Maintenant je vais être un peu plus précis en ce qui te concerne car tes allégations appellent une réponse :

     

    1°) Comme toutes les personnes qui se réclament de gauche, voter Sarko t’a donné mauvaise conscience, et je te comprends, te retrouver dans le même camp que l’extrême-droite qui a aussi voté comme toi, ça doit effectivement donner le frisson et d’épouvantables remords… T’étais mal hein ? Et tu as tenté d’urgence de te libérer de ce poids et de trouver de bonnes raisons pour te justifier. Mais hélas ma pauvre, le vote c’est comme le mariage, quand on a dit oui, on porte ensuite son choix comme une croix dans le dos pendant très très longtemps avant de pouvoir s’en débarasser. Mais t’inquiète pas trop quand même, le temps efface ce genre de blessure, et puis, le fait que tu en aies souffert et continues à en souffrir démontre une chose qui est tout à ton honneur et que j'apprécie particulièrement : il te reste une conscience…

     

    2°) Fais attention quand tu parles à ne pas te tromper d’auditoire. Il y a sans doute des choses à mon propos que tu ignores, alors je crois qu’il est temps de te les révéler :

    -         Je suis plus âgé que toi, je n’ai pas d’enfant et je travaille depuis plus longtemps que toi ; Pour être plus précis, il y a 30 ans révolus que je bosse, et durant ma carrière professionnelle, je n’ai eu aucune période de chômage ni aucun arrêt de travail à faire supporter à la Sécu. Tu m’entends Scribouille ? Aucun, rien, que dalle…. Je suis ce genre de crétin qui, par exemple, même affligé d’une maladie grave (un zona thoracique en l’occurrence) a continué à aller au boulot sans se plaindre. En découvrant mes états de service dont d’ailleurs je ne tire aucune fierté, de grâce, ne me réponds pas comme certains, « tant mieux pour toi ! » Ce n’est pas tant mieux pour moi, c’est tant mieux pour les autres. Tant mieux pour ceux à qui on peut payer diverses prestations et allocations grâce à mes cotisations et à celles que mon patron verse en mon nom, tant mieux pour ceux qui, grâce aux lourds impôts que je paie, bénéficient de crèches, de garderies, de centres aérés, d’écoles pour leurs enfants, bref, je pourrais allonger la liste, je préfère résumer en te répétant : tant mieux pour les autres. Note bien que je ne regrette pas de payer pour aider les autres, mais s’entendre dire à présent par toi ou qui que ce soit : « ne pense pas seulement à ton quotidien, pense aussi à autrui, et sois prêt à te serrer la ceinture davantage, notamment pour les générations à venir…. » , que veux-tu, ça me reste en travers….

     

    Oui ça me reste en travers, parce que la « solidarité » est toujours dans le même sens, oui ça me reste en travers parce que ma famille a vieilli et moi aussi, et maintenant que mon paternel a besoin d’aide, c’est le grand désert pour lui comme pour nous, et maintenant que moi aussi j’ai la retraite en point de mire, on me dit qu’il faudra que je travaille plus longtemps (ben oui ya pas que les cheminots…) et par ailleurs avec le plan qu’on est en train de nous préparer pour la sécu, que restera-t-il de la protection sociale quand je servirai de hors d’œuvre, de plat de résistance et de dessert au crabe et/ou à  une autre cochonnerie qui sommeillent en moi ?

     

    Alors tu m’excuseras de penser qu’on s’est bien foutu de ma gueule…

     

    3°)  En ce qui concerne ton favori actuel, moi je reste sur la défensive, principalement parce que :

     

    - faisant fi de la présomption d’innocence (le comble pour un ex-avocat…) il a déclaré publiquement coupable quelqu’un, et même s’il ne s’agit que d’un humble berger, ça c’est une honte ;

     

    - les cheminots ont été traités de façon injuste et malhonnête. Tu sais Scribouille, il y a des mecs qui sont entrés à la SNCF il y a très longtemps, qui sont maintenant dans ma tranche d’âge, et à qui on a dit au début de leur carrière : « vous travaillerez en décalé, vous aurez des horaires bizarres, vous n’aurez pas vos WE comme tout le monde, etc etc, mais en contrepartie, vous aurez notamment la possibilité de partir en retraite plus tôt qu’un salarié du privé. » Il y en a sûrement parmi eux qui auraient fait autre chose de leur vie si on ne leur avait pas fait miroiter ce genre d’avantages qui se révèlent au bout du compte illusoires. En d’autres termes, leur consentement à devenir employés de la SNCF a été obtenu sur un mensonge. En droit, ça s’appelle un vice du consentement, et c’est passible des Tribunaux au même titre qu’un licenciement abusif, si tu vois ce que je veux dire…

     

    Et ne me dis surtout pas que ton préféré n’y est pour rien,  il n’était pas là lors de la conclusions des contrats c’est sûr, mais c’est quand même lui qui vient de les déchirer, non ?

     

    -         enfin, et je t’en ai déjà parlé, la véritable raison de son élection selon moi, celle dont on ne parle pas assez, c’est tout simplement parce que la France du « moi d’abord » et du « chacun pour soi » a pris le pas sur la France de la solidarité et de la justice sociale, avec en filigrane le racisme et la xénophobie, deux éléments qui, comme tu le sais, ne font pas partie de mes valeurs. Les Français, Scribouille, ne veulent plus payer pour les autres (contrairement à ce que tu espères) surtout si les autres en question sont d’origine noire ou arabe, et les Français ne veulent plus voir dans les banlieues, ce qui d’ailleurs peut se comprendre, de jeunes délinquants plus ou moins bronzés faire brûler la voiture d’occasion que le smicard a mis des mois à se payer… . Ecoute les gens parler dans les transports en commun, les cafés, les restos… tu verras c’est très édifiant. Ils ont cherché et trouvé un homme fort ou en tous cas qui paraît l’être pour résoudre le problème sécuritaire récurrent que connaît notre pays depuis longtemps déjà, et rien que pour ça,  nos concitoyens sont prêts à prendre le risque du recul social et du despotisme….

    -          

    En conclusion (excuse-moi j’ai été un peu long) je te dirai que tout argument à son contre-pied. Tu dis qu’il est trop tôt pour juger les actes de ton favori, et c’est certainement vrai, mais au passage je te dirai qu’en l’état actuel d’absence de résultats, il est certainement tout aussi prématuré d’être fière de ton vote. Dans les années 30, beaucoup d’allemands étaient certainement aussi fiers que toi : ils avaient trouvé « l’homme providentiel »… Quelques années plus tard, la population équivalente à celle d’un pays comme la France disparaissait de la planète…

    A ne pas oublier et surtout à méditer….

     

    Ton ami Paul.

     

    November 25

    LE BON SENS...

                                       D’UNE OREILLE  A L’AUTRE…

     

     

                            Les saisons grises et moroses s’installent sur la France. Parallèlement, la majorité des français voit la vie en gris plutôt qu’en rose. Entre les saisons et cet état d’esprit, il y a une différence essentielle : le facteur temps. En effet, l’automne et l’hiver durent six mois, alors que le pessimisme ambiant s’installe à titre permanent. A qui la faute ? Ceux qui sont à la tête de ce pays utilisent les médias pour faire entrer ce message dans nos oreilles : c’est avant tout notre faute. En général, le Français n’a pas assez l’esprit d’entreprise, ne travaille pas suffisamment et (un comble !) a même la mauvaise idée d’utiliser la grève aux fins de préserver des avantages corporatistes… En d’autres termes, l’élite de ce pays nous dit : « Honte à toi vilain, tu ne veux pas travailler plus et plus longtemps pour gagner moins et tu n’es même pas capable d’être heureux et de t’en sortir avec en moyenne 1.500 € net par mois… »

     

                            Ah oui ? Faudrait quand même veiller à ne pas inverser les rôles et les choses… C’est plutôt à ceux qui subissent le système et ses prétendues « réformes » d’émettre un jugement sur ceux qui les gouvernent, et non pas le contraire. Mais justement comment juger de l’action d’un homme politique ? En se servant de ses oreilles par exemple pour écouter radios et télévision, en utilisant aussi ses yeux pour  lire les journaux et également son nez pour sentir ou ressentir si la direction indiquée est la bonne…., et ainsi courir le risque de se faire piéger par le journalisme dit « d’opinion », l’arme absolue de ceux qui font partie des « milieux autorisés » comme dirait Coluche (bon sang Michel, que tu nous manques…) et s’autorisent donc (c’est leur métier) à « penser des trucs » qu’ils imposent ensuite à ceux qui les écoutent.

     

                            Mais dites-moi, et si l’on se décidait à procéder autrement ? Ce ne sont pas nos sens et particulièrement notre sens auditif qui comptent le plus, car entre nos deux oreilles il y a surtout le cerveau, vous savez ce gros amas spongieux qui permet à chacun de réfléchir par lui-même.

     

                            Alors essayons de nous en servir et de raisonner un peu :

     

                            Une classe dirigeante efficace, n’est-ce pas celle qui, par ses décisions judicieuses, améliore le quotidien de toute une population ? Or, depuis le printemps 2007, qu’en est-il de notre quotidien ? Suis-je le seul :

     

                            - A constater que faire le plein de son véhicule coûte en moyenne entre 13 et

    15 € de plus en Novembre qu’en Mai ?

     

                            - A constater que les prix des produits de consommation courante ont augmenté à tel point qu’acheter un paquet de pâtes devient un luxe ?

     

                            - A avoir reçu un échéancier fiscal qui, tout impôts et taxes confondus, a augmenté considérablement alors que mon salaire est resté d’une stabilité affligeante ?

     

                            - A m’indigner que des personnes âgées aux maigres ressources, et qui ont souvent la TV comme seule compagnie, se voient infliger le paiement d’une taxe audiovisuelle de 116 € dont elles étaient jusqu’à présent exonérées ?

     

                            Bref, il est inutile d’allonger la liste. Le temps passe et déjà de nouvelles échéances électorales pointent le bout de leur nez. Pour ces élections comme pour celles qui suivront, posons-nous toujours la même question : le candidat qui se présente, comme d’habitude la gueule pleine de promesses, a-t-il ou va-t-il contribuer, ou non,  au pourrissement continu de notre quotidien amorcé depuis de nombreux mois ?

     

                            Pour répondre à cette question le moment venu, rappelons-nous qu’entre nos deux oreilles, il y a un gros amas spongieux qui ne demande qu’à fonctionner pour nous indiquer le bon choix….

     

    September 08

    LES LENDEMAINS QUI DECHANTENT...

    (...)

             Le visage de Lynn s'était animé et dans ses yeux se mit à brûler une flamme en apparence inextinguible qui toucha Angel pourtant nanti d'une plaque de métal à la place du cœur.

             - Vous avez raison, approuva-t-il avec sincérité. Je sais que le rugby c'est quatre-vingt pour cent d'envie, et sans un mental à toute épreuve, l'envie disparaît et les mauvais résultats s'enchaînent...

             - Vous savez ? releva Lynn aussitôt.

             - Je suis né dans les Landes, à Mont-de-Marsan. J'ai appris à jouer au rugby en même temps qu'à marcher, dans un champ derrière la maison de ma grand-mère. J'ai vécu une très longue et belle histoire d'amour avec le ballon ovale avant de  m'orienter vers le handball et les arts martiaux.

             - Qu'est-ce qui a motivé ce choix ?" demanda Lynn avec curiosité.

             Angel resta songeur une vingtaine de secondes avant de répondre.

             "Les shorts sexy d’une nouvelle venue qui enseignait le hand m'ont facilement détourné des jambes velues de mon entraîneur de rugby, avoua-t-il d'un ton confidentiel. Et puis les hasards de la vie m'ont éloigné des sports collectifs quels qu'ils soient. J'ai dû apprendre à me défendre dans d'autres domaines, mais ce que j'ai appris sur les terrains de rugby m'a toujours servi. Le rugby est pour moi l'école de la vie", conclut Angel en appuyant sur cette dernière phrase.

             Séduite par ce discours, Lynn baissa sa garde et regarda Angel autrement :

             "Que pensez-vous des tendances actuelles du rugby en France ? demanda-t-elle en commandant deux autres bières.

             - Je m’y intéresse beaucoup moins depuis que de prétendus surhommes venus de l'autre hémisphère ont commencé à dénaturer le rugby français en sacrifiant sa créativité naturelle sur l'autel du muscle."

             Lynn fit coulisser un regard surpris d'un bout à l'autre de la puissante carrure de son interlocuteur.

             "Venant d'un homme de dimensions hors normes, cette réflexion est pleine de saveur !"

             Angel hocha la tête :

             - 1,96 mètre de haut pour 122 kilos, et ... 145 centimètres de tour d'épaules, ajouta-t-il l'oeil malicieux. Je pesais déjà 95 kilos à seize ans... Sur le terrain, j'étais troisième ligne centre et je devais en tout premier lieu conquérir la balle...

             - Avant de la transmettre à des joueurs sans doute plus légers que vous, mais en tous cas plus rapides et naturellement chargés de trouver la faille dans la défense adverse en exploitant intelligemment un ballon gagné avec vos tripes, l'interrompit Lynn avec la ferveur de l'entraîneur passionné.

             - Nous parlons le même langage.

             - Mais nous sommes bien seuls, observa Lynn en baissant le nez vers son verre. Aujourd'hui, ce genre de propos ne suscite, hélas, que peu d'intérêt du côté des clubs qui, le plus souvent, alignent de part et d'autre quinze taurillons qui jouent à perce-muraille tête baissée, tout le long d'un match, le physique primant sur la lucidité et l'intelligence.

             - C'est une conception du jeu qui donne de bons résultats dans certains endroits de l'hémisphère sud, remarqua Angel.

             - Parce que beaucoup de joueurs de cette partie du monde ont une génétique exceptionnelle qui leur permet d'être physiquement aussi forts que vous par exemple, mais aussi deux fois plus rapides, répondit Lynn. Dans ce domaine, les joueurs européens, et notamment latins, ne leur ressemblent pas.

             - Bien sûr, répondit Angel, et voilà pourquoi ils doivent compenser ce handicap par davantage de créativité ; en résumé ne pas copier servilement une façon de jouer inadaptée à ses caractéristiques naturelles, mais plutôt développer son propre style de jeu en faisant fonctionner davantage ses neurones quand on a un peu moins d'hormones. Si vous arrivez, d'une part, à passer ce message, et, d'autre part, à de bons résultats avec le Stade Parisien, peut-être vous verra-t-on un jour aux commandes d’une équipe du top 16 voire de l’équipe de France.

             - Je n'en demande pas tant ! Mon objectif immédiat est le maintien de mon équipe en deuxième division", se défendit Lynn.(...)

                       
                                                                        Extrait de Voleur de Chance Chap. IV "Aux frontières de l'Ovalie"
     
     
                           Après l'immense déception causée par la défaite du XV de FRANCE en match d'ouverture de la Coupe du Monde de Rugby, ces quelques pages du roman Voleur de Chance (écrit en l'an 2000 !!...) me sont immédiatement revenues à l'esprit.
                           Les joueurs français sont manifestement devenus des monstres physiques, capables de rivaliser avec n'importe quelle nation dans ce domaine. Mais à quel prix ? Le corps, même le plus fort et le plus musclé, n'est rien sans une tête bien faite pour le faire avancer dans le bon sens, et poser nu tous les muscles huilés dans un calendrier pour faire rêver les femmes (et peut-être  les hommes aussi...) n'a jamais aidé à gagner un match et encore moins une Coupe du Monde. Pour toutes sortes de raisons que nombre de journalistes, qui ont affuté leur plume toute la nuit, sauront nous expliquer dans les pages de nos quotidiens, les français ont perdu un match qu'ils ne devaient pas perdre. Pour ma part, je n'en retiendrai qu'une tant elle sautait immédiatement aux yeux pendant les 80 minutes de ce match : il n'y avait pas sur la pelouse du Stade de France, hier entre 21 h et 23 h, un seul joueur vêtu de bleu capable de lever la tête, d'analyser la stratégie de l'adversaire et d'y apporter les bonnes réponses sur le plan tactique. Moralité : ce n'est pas le manque de testostérone qui a fait perdre le match aux joueurs français, mais plutôt l'assoupissement de leurs neurones....
                          A méditer si toute la France du Rugby veut s'éviter dans un avenir proche d'autres cruelles déconvenues....